Vous êtes ici:   Accueil Collaborateurs CTB Interview de Victorien Randriamahonina
large small default
Interview de Victorien Randriamahonina
Vendredi, 27 Avril 2012 17:31

Assistant Technique Régional au sein du projet d'Appui Institutionnel au Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche (AIMAEP), Victorien RANDRIAMAHONINA, nous parle de son parcours au sein de la CTB.

Avant tout, merci Victorien de bien vouloir nous consacrer un peu de ton temps, surtout au vu de tes nombreuses activités.
Pourrais-tu, avant toute chose,  nous présenter le parcours professionnel qui t'a amené à travailler aujourd'hui à la CTB?

Bonjour, c'est un plaisir pour moi de faire cette interview car je pense que c'est une occasion de partager avec les collègues et les autres mes expériences et mes points de vue sur le développement du secteur agricole.

En ce qui concerne mon parcours professionnel, j'ai travaillé dans différents projets/programmes de développement socio-économique et de conservation de l'environnement avec divers acteurs et  partenaires techniques et financiers. De 2004 à 2007, je travaillais avec l'ADRAO (Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l'Ouest) qui devient AfricaRice actuellement, une organisation internationale qui s'occupe du Recherche-Développement sur la riziculture. Mon poste était spécialiste de dissémination de technologies au sein d'un programme Initiative Africaine sur le riz (ARI) , pour la large diffusion du nouveau type de riz appelé NERICA (New Rice for Africa).
En fait, le siège de l'ADRAO est à Bouaké, en Côte d'Ivoire, mais à cause de la crise politique en 2004, le bureau était délocalisé à Bamako/Mali, puis à Cotonou/Bénin depuis 2005, ce qui m'a amené au Bénin. Le programme ARI est financé par plusieurs partenaires techniques et financiers dont la Banque Africaine de Développement (BAD). Donc nous avons  mis en œuvre un projet de diffusion du NERICA pour 7 pays pilotes de l'Afrique de  l'Ouest, dont le Bénin.

J'ai découvert des zones de production rizicole au Bénin et j'ai collaboré avec les différents acteurs impliqués dans le développement de la riziculture (MAEP/INRAB, secteur privé, organisations professionnelles agricoles, institutions de crédit agricole, etc.). Après le Bénin j'étais rentré à Madagascar, où je continuais à promouvoir le NERICA avec la JICA (Japanese  International Cooperation Agency), et voilà, depuis mai 2010 je suis à AIMAEP.

Concrètement, quelles sont tes missions au sein  du projet AIMAEP?

En fait, AIMAEP a trois composantes et je suis Assistant Technique Régional à la Composante 3, qui  est chargée de l'appui aux réformes institutionnelles, c'est-à-dire la mise en place du cadre institutionnel de promotion de filières agricoles facilitant le processus de dialogue politique sectoriel entre le MAEP et les autres catégories d'acteurs impliqués dans  le développement du secteur agricole.

Je travaille en binôme avec le Responsable de la Composante 3. Donc, je fournis un appui-conseil au responsable de la composante 3  pour l'atteinte des résultats assignés à notre composante à travers la mise en œuvre des 4  activités, à savoir, appuyer le MAEP: - à la mise en place des instances de concertation, de pilotage et de régulation définis par le cadre institutionnel du PSRSA, - à l'amélioration du cadre réglementaire du secteur agricole, - à l'amélioration du programme cadre du secteur agricole et - au renforcement des initiatives de partenariat public-prive entre MAEP et le privé en matière de promotion des filières agricoles.

Depuis octobre 2011, la composante 3 est en charge de l'institutionnalisation de l'Agence Béninoise de la Sécurité Sanitaire des Aliments (ABSS)A, c'est-à-dire la création et l'opérationnalisation de cette agence. A part  les activités spécifiques à la composante 3, je contribue activement dans la mise en œuvre du projet AIMAEP, je collabore avec les responsables de deux autres composantes dans l'esprit d'un travail d'équipe. Je peux dire que le travail d'équipe fonctionne bien au sein d'AIMAEP, chacun apporte ses compétences, expertises, expériences pour marquer des buts.

Enfin, j'assure aussi le point focal de communication du projet pour rendre visible ce que le projet fait et ses réalisations aux partenaires du projet et je pense que c'est une activité importante au sein d'AIMAEP.

Quels sont les principaux défis qui se posent à toi dans ce poste et comment réussis-tu à les relever?

Je peux dire que le projet en appui institutionnel est nouveau et complexe car on a affaire à des personnes à qui l'on souhaite un changement de comportement, de mentalité, de méthodes de travail, de relations, pour améliorer leurs performances, c'est-à-dire la qualité de  leurs services aux autres acteurs du secteur agricole (producteurs, partenaires techniques et financires, opérateurs privé, etc.). C'est difficile, et nous rencontrons beaucoup de difficultés, car on n'a pas la même conviction, la même méthode de travail, la même motivation, les mêmes obligations. Mais nous avons considéré ces difficultés comme des opportunités et des défis pour faire avancer les activités du projet vers l'atteinte des résultats attendus.

Pour relever ces défis, je crois que les bonnes stratégies que nous avons utilisées sont le développement des relations fonctionnelles (dialogue permanent) pour assurer une bonne compréhension des objectifs du projet et une bonne confiance mutuelle entre l'équipe du projet et les partenaires limitrophes avec qui nous travaillons directement. Il y a aussi la veille continue par rapport à l'évolution des activités entreprises ou sur la feuille de route définie de concert avec les partenaires (veiller au respect des engagements des différents partenaires). Enfin, donner un bon exemple dans les changements de comportant ou d'habitudes est  aussi important. Par exemple débuter une réunion à l'heure, bien préparer une activité donnée, assurer la qualité des produits livrables.

Quelles sont les réalisations dont tu es le plus fier?

Je veux citer quelques réalisations dont je suis le plus fier.

Premièrement ma contribution à la production du dépliant de l'AIMAEP en 2010, ensuite l'organisation et participation à la première édition du Salon International de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche (SIAGREP) en 2010, l'adoption du Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole (PSRSA) et ses documents connexes, ainsi que le décret de création de l'ABSSA, la participation à la conception et à la mise en place du système de suivi-évaluation axé sur les résultats du secteur agricole du MAEP, la contribution à l'implémentation de l'approche Outcome Mapping  au sein du projet AIMAEP pour améliorer son système de suivi-évaluation, la participation à la promotion de la culture de capitalisation d'expériences et, enfin, la réalisation du recueil des textes législatifs et réglementaires du secteur agricole.

Quels sont tes souhaits pour le futur?

Mon premier souhait est que je puisse continuer ce que j'ai commencé : l'opérationnalisation de l'Agence Béninoise de Sécurité Sanitaire des Aliments (ABSSA), l'opérationnalisation du système de suivi-évaluation axés sur les résultats du secteur agricole avec la base de données élaborée, l'implémentation de l'Outcome Mapping, la capitalisation de l'expérience du projet AIMAEP. Ensuite je souhaiterais valoriser davantage mes expériences au sein de la CTB ou d'autres organismes de développement.

Pense-tu qu'il y ait une manière de travailler, et/ou de faire, propre à la CTB?

Je pense que le fait d'avoir le slogan "Construisons un monde équitable" et les 5 valeurs de la CTB (esprit d'innovation, respect mutuel, intégrité, sens des responsabilités et engagement) incite à travailler mieux, et favorisera l'obtention de bons résultats. Et pour terminer, grâce à ces valeurs, principes et aux objectifs communs, je me sens bien au sein de la famille CTB-Bénin, qui est une bonne famille et dont  chaque membre est gentil. Bravo à tous  les membres de la famille CTB-Bénin.

Merci Victorien. On se voit à la prochaine réunion SPOC [*]!

[*] réseau des communicateurs de la CTB